Michel Tyszblat, né à Paris en 1936, est une figure singulière de la Nouvelle Figuration en France. Après des études au lycée Henri-IV, il se forme brièvement dans les ateliers d’André Lhote, qu’il quitte rapidement afin de s’affranchir de l’héritage post-cubiste, puis de Robert Lapoujade, après un court passage chez Jean Souverbie. Dès le début des années 1960, il expose aux côtés de Bernard Rancillac, Jacques Monory, Gérard Fromanger, Peter Klasen ou encore Eduardo Arroyo, artistes qui constitueront le noyau de la Figuration narrative. S’il partage avec eux un intérêt marqué pour les images du réel et les objets issus de la société moderne, il choisit cependant de ne pas s’inscrire dans une dynamique de groupe, préférant développer une trajectoire indépendante tout en conservant des liens étroits avec cette génération. Son œuvre se construit autour d’un répertoire d’objets familiers – jouets, moteurs, télévisions, écrous – auxquels s’ajoutent progressivement palmiers, bicyclettes, fragments du corps, instruments de musique ou oiseaux. Ces motifs deviennent les éléments d’un langage pictural autonome, où l’objet est moins représenté pour lui-même que pour sa capacité à structurer l’espace, générer du rythme et activer la couleur. Les premières peintures de Tyszblat se distinguent par une grande rigueur formelle et une composition très maîtrisée. À partir des années 1970, son geste s’élargit, la touche devient plus libre, la matière plus présente, ouvrant sa peinture à une gestualité croissante et à une énergie plus directe. Cette évolution s’accompagne d’une recherche constante d’équilibre entre construction et spontanéité, précision et débordement, ordre et désordre — tension féconde qui traverse l’ensemble de son œuvre. Lauréat de nombreux prix (Arnys en 1967, Victor Choquet en 1968, premier prix de Vitry en 1972, Ostende en 1973, Nichido en 1976, Toulon en 1978), Michel Tyszblat mène parallèlement une activité pédagogique importante : il enseigne les arts plastiques et l’histoire de l’art contemporain à l’École d’architecture de Versailles de 1982 à 1998. En 1990, il est nommé Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres. Il s’éteint à Paris en 2013 à l’âge de 77 ans. Depuis, plusieurs expositions rétrospectives et publications, dont la monographie parue chez Somogy en 2018, ont confirmé l’importance de son œuvre dans l’histoire de la peinture figurative contemporaine française.
Born in Paris in 1936, Michel Tyszblat was a singular figure of the New Figuration movement in France. After completing his studies at Lycée Henri-IV, he trained briefly in the studio of André Lhote, which he soon left in order to free himself from the post-Cubist legacy, and later in that of Robert Lapoujade, following a short period with Jean Souverbie. From the early 1960s onward, he exhibited alongside Bernard Rancillac, Jacques Monory, Gérard Fromanger, Peter Klasen, and Eduardo Arroyo—artists who would go on to form the core of Narrative Figuration. While sharing their interest in imagery drawn from reality and from modern consumer society, Tyszblat chose not to formally join any group, preferring to pursue an independent path while maintaining close ties with this generation. His work is built around a repertoire of familiar objects—such as toys, engines, televisions, and nuts and bolts—later joined by palm trees, bicycles, fragments of the human body, musical instruments, and birds. These recurring motifs form the basis of an autonomous pictorial language, in which objects are less depicted for their own sake than for their ability to structure space, generate rhythm, and activate color. Tyszblat’s early paintings are marked by strong formal rigor and carefully constructed compositions. From the 1970s onward, his brushwork gradually became freer and more expansive, with a growing emphasis on gesture and materiality. His painting thus evolved toward a more immediate and energetic expression, while maintaining a constant search for balance between control and spontaneity, precision and overflow, order and disorder—tensions that permeate his entire body of work. The recipient of numerous awards (Arnys Prize in 1967, Victor Choquet Prize in 1968, First Prize in Vitry in 1972, Ostend in 1973, Nichido Prize in 1976, and First Prize in Toulon in 1978), Michel Tyszblat also played an important pedagogical role. From 1982 to 1998, he taught visual arts and contemporary art history at the École d’Architecture de Versailles. In 1990, he was appointed Officer of the Order of Arts and Letters. He passed away in Paris in 2013 at the age of 77. Since then, several retrospective exhibitions and publications—notably the monograph published by Somogy in 2018—have reaffirmed the significance of his work within the history of contemporary French figurative painting.
